- Trois catégories EASA structurent les opérations de drone en Europe : Open, Specific, Certified.
- Depuis 2024, le marquage de classe CE (C0 à C6) oriente les droits de vol et les obligations techniques.
- L’enregistrement de l’exploitant devient incontournable dès 250 g ou dès qu’une caméra équipe l’aéronef.
- Le Remote ID et, selon les pays, un signalement national renforcent la traçabilité.
- Le géorepérage et les zones de restriction changent la préparation terrain, surtout près d’aérodromes.
- La bascule des scénarios nationaux vers les STS-01/STS-02 finit de s’imposer fin 2025 pour beaucoup d’opérations pro.
Dans l’espace aérien européen, la place des drones civils s’est élargie très vite, et avec elle les attentes du public. Les images aériennes fascinent, pourtant la moindre erreur de pilotage peut inquiéter un riverain ou perturber une approche d’aéroport. C’est précisément pour éviter ce décalage entre enthousiasme et risque que l’EASA a harmonisé la réglementation en Europe. L’objectif est simple à formuler, mais exigeant à tenir : faire coexister la créativité, l’activité économique et la sécurité aéronautique, sans oublier la vie privée. Derrière les formulaires et les classes CE, il y a une logique opérationnelle. Elle aide à décider où décoller, à quelle hauteur, avec quel drone, et sous quelles conditions de certification ou de formation.
En 2026, beaucoup de télépilotes se retrouvent à jongler entre matériel ancien, nouvelles exigences techniques, et scénarios européens. Une photographe immobilière fictive, “Nadia”, sert ici de fil conducteur. Elle réalise des prises de vues en périphérie urbaine, parfois près d’axes routiers, et elle doit adapter ses habitudes. À travers ses choix, les règles EASA deviennent plus concrètes : elles se traduisent en distances à respecter, en documents à conserver, en réglages à vérifier avant le décollage. Et, au fond, elles invitent à voler avec une forme de sérénité méthodique.
Réglementation EASA en Europe : comprendre les catégories Open, Specific et Certified
La réglementation EASA repose d’abord sur une idée très lisible : la règle dépend du risque. Ainsi, l’Europe distingue trois cadres d’opérations. Cette approche évite de traiter un micro-drone de loisir comme un appareil utilisé en mission complexe. Elle facilite aussi un langage commun entre pays, ce qui compte dès qu’un tournage traverse une frontière.
La catégorie Open concerne les vols à risque faible. L’appareil reste en VLOS, donc en vue directe, et l’altitude maximale est en pratique 120 mètres. Le poids peut aller jusqu’à 25 kg, mais ce plafond ne signifie pas “tout est permis”. Au contraire, les sous-catégories A1, A2 et A3 encadrent la proximité avec les personnes. Nadia, par exemple, peut filmer un toit en zone pavillonnaire, mais elle doit anticiper la présence de passants et choisir un réglage de sécurité cohérent.
La catégorie Specific s’ouvre dès que le scénario sort du cadre standard. Cela arrive vite : vol hors vue, environnement urbain dense, ou mission avec contraintes particulières. Dans ce cas, une autorisation devient nécessaire, souvent via une analyse de risque de type SORA, ou via des scénarios européens plus “prêts à l’emploi” comme les STS. Pour une agence vidéo qui veut suivre une ligne ferroviaire, le passage en Specific n’est pas un luxe. C’est une condition de maîtrise, donc de sécurité.
La catégorie Certified vise les opérations très haut risque. Les exigences se rapprochent de l’aviation civile classique, avec une logique de certification plus lourde. Transport de personnes, drones très complexes, ou missions proches d’une exploitation aéronautique sensible y sont généralement associées. Même si peu de photographes y entrent, comprendre cette catégorie aide à saisir l’architecture globale de la réglementation EASA. Une règle claire émerge : plus la mission ressemble à une opération aérienne critique, plus le niveau d’exigence grimpe, et c’est cohérent.
Un point pratique change la manière de préparer un tournage : l’EASA ne parle pas seulement de “drone”, mais d’opération. Autrement dit, un même appareil peut relever de cadres différents selon le lieu, la densité de population, ou la méthode de vol. Cette bascule de perspective, du produit vers l’usage, reste l’un des meilleurs réflexes à adopter avant même d’ouvrir la valise.
Pour approfondir les définitions officielles et l’esprit de la réglementation, une recherche vidéo centrée sur l’EASA et les catégories Open/Specific/Certified permet souvent de clarifier les responsabilités de chaque acteur, du pilote à l’exploitant.
Classes CE C0 à C6 : ce que le marquage change pour les règles et le pilotage
Depuis 2024, la mise sur le marché des drones en Europe s’est structurée autour des classes CE, de C0 à C6. L’intérêt n’est pas seulement administratif. Cette classification décrit des caractéristiques techniques et des limites d’emploi, ce qui guide les règles de pilotage au quotidien. Pour Nadia, c’est un repère rapide : avant de planifier une séance photo, la classe du drone aide à savoir si l’opération restera en Open, ou si une approche Specific sera plus pertinente.
Les classes légères, comme C0 et C1, favorisent des usages plus flexibles, surtout en A1. Cependant, la présence d’une caméra change souvent les obligations d’enregistrement. À l’inverse, une classe C2 ouvre la porte à des opérations plus proches, mais elle exige une formation adaptée, notamment pour l’A2. Ensuite, les classes C3 et C4 orientent plutôt vers des vols loin des personnes, typiques de l’A3. Enfin, C5 et C6 sont pensées pour des scénarios européens en catégorie Specific, notamment STS-01 et STS-02.
Un tableau aide à relier rapidement classe, type d’usage, et points de vigilance. Il ne remplace pas les textes officiels, pourtant il sert de boussole quand la pression d’un planning augmente.
| Classe CE | Ordre de grandeur | Cadre d’usage courant | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| C0 | < 250 g | Open, souvent A1 | Caméra = enregistrement exploitant dans de nombreux cas |
| C1 | 250 g à < 900 g | Open A1/A3 | Remote ID requis, attention aux survols de personnes |
| C2 | 900 g à < 4 kg | Open A2 possible | Formation A2, distance de sécurité aux tiers |
| C3-C4 | jusqu’à 25 kg | Open A3 | Éloignement des zones habitées, préparation terrain plus exigeante |
| C5-C6 | usage scénarisé | Specific (STS-01/STS-02) | Manuel d’exploitation, exigences opérationnelles, conformité technique |
Un enjeu concret apparaît avec le parc ancien, encore fréquent en 2026. Les drones sans marquage CE peuvent se retrouver cantonnés à des usages plus restrictifs, souvent en A3. Cela ne signifie pas qu’ils deviennent inutilisables, pourtant cela force à revoir les lieux de tournage. Pour une prestation immobilière en lotissement, l’impact est immédiat : il faut parfois changer d’outil, ou déplacer le point de vue, afin de rester dans les règles.
Cette évolution influence aussi l’achat. Les classes C2, C5 et C6 peuvent être moins disponibles selon les périodes, avec des délais. Ainsi, une entreprise qui attend le dernier moment risque de bloquer une saison entière. L’insight essentiel est simple : la classe CE n’est pas une étiquette, c’est une contrainte opérationnelle qui se planifie.
Pour visualiser des exemples de drones par classe et comprendre les différences de contraintes en Europe, un contenu vidéo centré sur les “drone classes C0-C6” apporte souvent des démonstrations utiles.
Enregistrement, identification électronique et géofencing : la traçabilité au service de la sécurité
La réglementation européenne vise une promesse : rendre l’espace aérien plus prévisible. Pour y parvenir, elle renforce la traçabilité des drones civils. Trois leviers dominent : l’enregistrement, l’identification électronique, et le géorepérage. Ces outils peuvent sembler techniques, pourtant ils répondent à des situations très concrètes. Quand un drone apparaît près d’une zone sensible, les autorités doivent pouvoir distinguer un vol autorisé d’une prise de risque.
L’enregistrement de l’exploitant concerne souvent toute personne qui utilise un drone d’au moins 250 g, ou un appareil équipé d’une caméra. En France, la plateforme AlphaTango sert de point d’entrée, et un numéro d’exploitant UAS devient valable dans l’Union européenne. Pour Nadia, c’est un avantage : une mission en Belgique ou en Espagne n’exige pas de repartir de zéro, même si des règles locales peuvent s’ajouter.
Ensuite, l’identification électronique, souvent appelée Remote ID, s’impose pour de nombreux drones de classe C1 et au-delà. Le principe est proche d’une “plaque d’immatriculation numérique” diffusée pendant le vol. Ainsi, la responsabilité ne repose pas sur la rumeur ou l’apparence du matériel. Elle est rattachée à un identifiant, ce qui pousse chacun à voler proprement. En France, un second étage existe pour certains appareils, avec un signalement électronique national au-delà de 800 g. Cette superposition peut surprendre, cependant elle s’explique par l’histoire réglementaire du pays.
Le troisième levier est le géofencing et, plus largement, le géorepérage. Depuis 2024, certaines classes comme C1 à C3 intègrent une interface standard permettant d’alerter, voire de limiter le vol en zone restreinte. Cela évite des incursions involontaires près d’aérodromes, de centrales, ou de zones militaires. Pourtant, ce garde-fou n’est efficace que si les bases de données de zones sont à jour. Il devient donc prudent de vérifier les mises à jour avant une mission, au même titre que la batterie.
Dans la pratique, une routine simple réduit les erreurs. Elle peut être formalisée, surtout pour les prestations payantes, car la preuve de diligence compte en cas de contrôle.
- Vérifier le numéro d’exploitant et son affichage sur le drone, selon les exigences nationales.
- Confirmer l’activation du Remote ID et tester la diffusion avant le départ.
- Mettre à jour les zones de géorepérage dans l’application ou le firmware constructeur.
- Consulter la carte aéronautique officielle et recouper avec l’environnement réel sur site.
Un exemple illustre l’intérêt du système. Nadia prépare une prise de vue d’un château transformé en hôtel. Le lieu est magnifique, mais il se situe à quelques kilomètres d’un héliport. Grâce au géorepérage, une alerte apparaît, ce qui déclenche une vérification. Le tournage est déplacé de quelques centaines de mètres, et l’angle reste excellent. Au final, la réglementation n’a pas “empêché” la création. Elle a orienté une décision plus sûre, donc plus professionnelle.
À ce stade, une question suit naturellement : si la traçabilité se renforce, quelles compétences doivent accompagner cette montée en exigence, notamment en formation et en certification des télépilotes ?
Formation, certification et scénarios : naviguer entre Open, A1/A3, A2 et Specific (STS)
La sécurité aéronautique ne repose pas uniquement sur des dispositifs techniques. Elle dépend aussi de la compétence humaine, surtout quand la météo change ou qu’un imprévu survient. C’est pourquoi l’EASA a lié la réglementation à des niveaux de formation et, selon les cas, à des logiques de certification. L’enjeu n’est pas de “complexifier”, mais de s’assurer que le télépilote sait reconnaître ses limites et choisir un cadre légal adapté.
En catégorie Open, la formation A1/A3 se fait souvent en ligne avec une évaluation théorique. Elle est généralement valide plusieurs années, typiquement 5 ans, ce qui encourage un recyclage périodique. Pour l’A2, les exigences montent : une formation pratique s’ajoute, ainsi qu’un examen plus cadré. Le sens est évident sur le terrain. Voler plus près des personnes ou dans des contextes plus denses demande une meilleure anticipation des trajectoires et des marges de sécurité.
La catégorie Specific introduit un autre vocabulaire : scénarios, autorisations, et analyses de risque. Deux scénarios européens, STS-01 et STS-02, ont vocation à remplacer progressivement certains scénarios nationaux, notamment après la fin annoncée des cadres S-1 à S-3 fin 2025 dans plusieurs pays. Pour un opérateur photo/vidéo, cela change la documentation à préparer : manuel d’exploitation, procédures, et parfois exigences sur le matériel, avec un intérêt marqué pour les drones C5/C6.
Un cas fréquent en production audiovisuelle illustre la bascule. Une municipalité commande une vidéo de valorisation, avec plans de marché et vues d’un centre-ville. Même si l’altitude reste faible, le contexte urbain et la proximité des tiers peuvent pousser vers Specific. La solution n’est pas de renoncer, mais de choisir un scénario approprié, avec un périmètre sécurisé et une procédure claire. Ce cadre protège aussi le client, car il réduit les risques juridiques et réputationnels.
La question du renouvellement est souvent sous-estimée. Or, l’absence de renouvellement à échéance peut obliger à reprendre des étapes de formation. Ainsi, une gestion proactive des dates évite une interruption d’activité. Dans une petite entreprise, un simple calendrier partagé suffit. Dans une structure plus grande, un tableau de suivi des titres et des drones peut devenir un outil de pilotage à part entière.
Il existe aussi une dimension psychologique. Une formation bien suivie réduit la charge mentale le jour du tournage. Le télépilote n’improvise plus face à une question d’un agent de sécurité, car il sait expliquer les règles, montrer les preuves, et ajuster la mission. Cette capacité à dialoguer fait partie de la sécurité, même si elle n’apparaît dans aucune check-list.
Une fois les compétences clarifiées, la dernière pièce du puzzle concerne les choix stratégiques : comment adapter son parc de drones civils, ses prestations et ses process, pour rester conforme sans freiner l’activité.
Impact en 2026 pour les drones civils : conformité, parc ancien, et stratégie opérationnelle en Europe
En 2026, la réglementation EASA est devenue le cadre naturel de nombreux pays européens. Pourtant, le terrain reste hétérogène. Les pratiques locales, les plateformes nationales, et certaines exigences additionnelles peuvent coexister. Pour les drones civils utilisés en photographie, inspection, ou communication, le défi n’est pas seulement de connaître les règles. Il consiste à construire une organisation qui absorbe la contrainte sans perdre en agilité.
Le premier sujet est la cohabitation entre anciens drones et classes CE. Beaucoup de pilotes possèdent encore un appareil performant, mais dépourvu de marquage conforme. Dans ce cas, l’usage peut se retrouver limité, souvent vers des environnements A3, donc loin des personnes. Pour Nadia, cela change la prospection : un client en centre-ville devient plus difficile à servir avec le vieux matériel. En revanche, des prestations rurales, touristiques ou agricoles restent possibles, à condition d’adapter les points de décollage.
Le second sujet est économique. Remplacer un drone ne signifie pas uniquement acheter une machine. Il faut parfois prévoir des batteries compatibles, un filtre ND adapté, un système de Remote ID intégré, et des mises à jour logicielles. À cela s’ajoute la formation si un changement de catégorie d’opération devient nécessaire. Ainsi, une stratégie réaliste consiste à segmenter les usages. Un micro-drone peut couvrir des plans simples, tandis qu’un drone classé pour des scénarios spécifiques sert aux missions sensibles. Cette approche limite les investissements “tout ou rien”.
Le troisième sujet est la relation au client. Beaucoup de donneurs d’ordre ignorent les nuances de réglementation. Pourtant, ils apprécient un prestataire capable d’expliquer simplement pourquoi un plan est refusé, ou pourquoi un repérage est nécessaire. Une phrase claire rassure : “Ce choix respecte les règles EASA, protège les passants, et sécurise le tournage.” Dans un marché concurrentiel, cette pédagogie devient un avantage, car elle transforme une contrainte en preuve de sérieux.
Pour structurer l’activité, quelques décisions opérationnelles apportent un effet immédiat. Elles réduisent aussi le risque de mauvaise surprise lors d’un contrôle, ou après un incident mineur.
- Maintenir un inventaire des drones avec classe CE, firmware, Remote ID, et accessoires critiques.
- Standardiser une check-list pré-vol incluant zones, météo, et paramètres de sécurité.
- Documenter les missions : lieu, date, autorisations, et mesures de réduction de risque.
- Planifier les renouvellements de titres et formations avant échéance.
Enfin, il faut rappeler une réalité du pilotage : les règles ne remplacent jamais le jugement. Une rafale de vent, un groupe qui s’approche, ou un animal qui traverse le champ, exigent une réaction immédiate. La réglementation EASA crée un cadre, tandis que l’éthique du pilote fait le reste. Quand ces deux dimensions s’alignent, la sécurité devient presque invisible, parce qu’elle est intégrée au geste professionnel.
À partir de quel moment faut-il s’enregistrer comme exploitant de drone en Europe ?
L’enregistrement est généralement requis dès qu’un drone pèse 250 g ou plus, ou dès qu’il embarque une caméra. L’exploitant obtient un numéro valable dans l’UE, via la plateforme nationale (par exemple AlphaTango en France).
Quelle est la différence la plus concrète entre Open et Specific selon l’EASA ?
Open couvre les vols à risque faible, en vue directe, avec des limites claires (dont 120 m d’altitude). Specific s’applique dès que le risque augmente, par exemple en environnement urbain complexe ou hors vue, et impose une autorisation ou un scénario (STS) avec des exigences opérationnelles renforcées.
Le Remote ID est-il obligatoire pour tous les drones ?
Non, l’obligation dépend notamment de la classe CE et du type d’opération. En pratique, de nombreux drones de classe C1 et au-delà doivent diffuser une identification électronique (Remote ID). Certains pays, comme la France, ajoutent aussi un signalement national au-delà de 800 g.
Que devient un drone ancien sans marquage CE en 2026 ?
Il peut rester utilisable, mais avec des restrictions plus fortes, souvent orientées vers des vols éloignés des personnes (cadres proches de l’A3). Cela pousse à adapter les lieux de tournage, ou à investir dans un drone classé CE pour des missions plus polyvalentes.
Comment anticiper la fin des scénarios nationaux au profit des STS ?
Il est utile d’identifier les missions récurrentes qui relevaient de scénarios nationaux, puis de préparer la bascule vers STS-01 ou STS-02 : choix d’un drone adapté (souvent C5 ou C6), procédures écrites, et formation/compétences requises. Anticiper évite une interruption d’activité en période chargée.
Passionnée par la photographie aérienne, j’explore le monde avec mon drone pour capturer des instants uniques et offrir des perspectives inédites. Avec 46 ans d’expérience de vie, je mêle créativité et technique pour sublimer chaque paysage.



